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Procès-verbal des élections CSE

PV de carence CSE : quand et comment le constater sans faux pas

Personne ne s'est porté candidat, aux deux tours. Ce n'est pas un échec, c'est une situation prévue par le Code du travail — à condition de la constater dans les règles. Le PV de carence est la pièce qui prouve que vous avez bien organisé les élections, et qui vous met à l'abri du délit d'entrave.

Par La rédaction CSE Election ·Relu par notre référent conformité (droit social & sécurité du vote) ·Mis à jour le 6 juillet 2026

À quoi sert vraiment un PV de carence

Le PV de carence constate une chose simple : aucun représentant n'a pu être élu au terme du processus électoral, faute de candidats. Sa fonction n'est pas administrative, elle est probatoire. Il démontre que l'absence de CSE ne vient pas d'un manquement de l'employeur, mais du désintérêt ou de l'absence de candidats. Sans lui, vous avez organisé un scrutin dans le vide : rien ne le prouve.

Ne le confondez pas avec le procès-verbal de résultats. Le PV de résultats constate une élection et s'établit sur les Cerfa 15822*03 (titulaires) et 15823*03 (suppléants). Le PV de carence constate l'absence d'élus et s'établit sur le Cerfa 15248*06. Deux documents, deux formulaires, deux logiques — les intervertir reste l'erreur de procédure la plus banale.

PV de carence CSE

Procès-verbal par lequel l'employeur constate qu'aucun représentant n'a pu être élu au comité social et économique, faute de candidats aux deux tours. Il prouve le respect de l'obligation d'organiser les élections, s'établit sur le Cerfa 15248*06, s'affiche dans l'entreprise et se transmet à l'administration sous quinze jours.

Trois « carences » — une seule appelle le Cerfa

Le mot recouvre trois réalités que les ressources généralistes mélangent. Une seule déclenche le formulaire et la transmission à l'administration ; les deux autres relèvent du fonctionnement courant de l'instance.

La carence électorale — aucune candidature ni au premier tour (réservé aux syndicats), ni au second (ouvert à tous) — est la seule visée par le Cerfa 15248*06. Les deux autres, élus absents en réunion et réunion impossible faute d'ordre du jour, se constatent dans un PV de réunion : ni Cerfa, ni transmission, ni validité de quatre ans. Mobiliser la procédure lourde pour ces cas-là, c'est brouiller son dossier.

Type de carence
Situation constatée
Acte et conséquence
Carence électorale
Aucun candidat au 1er ni au 2nd tour
Cerfa 15248*06, affichage, transmission, validité 4 ans
Carence d'élus en réunion
Élus absents à une réunion régulièrement convoquée
Constat dans le PV de réunion ; pas de Cerfa
Carence d'ordre du jour
Réunion impossible faute de points ou de convocation
Fonctionnement de l'instance ; pas de transmission

Totale ou partielle : on raisonne collège par collège

La carence ne s'apprécie jamais sur l'effectif global, mais collège par collège — ouvriers-employés, techniciens et agents de maîtrise, cadres selon votre découpage. Un collège peut trouver des candidats pendant qu'un autre reste vide.

Carence totale : aucun collège n'a d'élu, l'entreprise reste sans CSE. Carence partielle : le comité s'installe avec les élus disponibles, et vous constatez la carence pour les seuls collèges vacants. En clair, un PV de carence par collège concerné, chacun ventilant ses inscrits et ses votants. C'est aussi comme ça que se remplit le Cerfa ; négliger cette logique produit des procès-verbaux incohérents, premiers motifs d'invalidation.

Le bon formulaire : Cerfa 15248*06, pas le *04

Le PV de carence se rédige sur le Cerfa 15248*06. Rien d'autre. Le piège tient à un détail : l'ancienne version *04 traîne encore sur quantité de blogs et de modèles téléchargeables, et un dépôt sur une version périmée peut être rejeté. Le numéro (15248) ne bouge pas ; l'indice (*06) change à chaque mise à jour. Vérifiez le millésime avant de remplir quoi que ce soit.

Le formulaire attend un déroulé prouvable : identité de l'entreprise (raison sociale, SIRET, effectif), dates du processus (information du personnel, invitation des syndicats, protocole d'accord préélectoral, premier et second tour, affichages), inscrits par collège, et le constat motivé d'absence de candidats. Chaque date n'est pas décorative : c'est elle qui atteste la régularité de l'étape. Conservez les pièces derrière chaque mention — PAP signé, preuve d'invitation, affichages horodatés, listes électorales.

Le *04 est périmé — utilisez le *06

L'ancien Cerfa 15248*04 circule encore sur quantité de modèles non mis à jour. La version en vigueur est le 15248*06. Un PV établi sur une version périmée peut être rejeté lors de la télétransmission. Récupérez toujours le formulaire à jour à la source officielle avant de le remplir.

Du second tour à la transmission : le déroulé

On ne dresse jamais un PV de carence après le seul premier tour. Le second tour, ouvert à toutes les candidatures y compris libres, peut encore pourvoir les sièges ; il s'organise dans les quinze jours. La carence n'est définitive qu'après un second tour lui aussi infructueux.

Une fois le constat établi, tout se joue dans une fenêtre de quinze jours : affichage dans l'entreprise, à un emplacement réservé aux communications au personnel, et transmission. Trois exemplaires — un conservé par la direction, un pour le CTEP d'Arras, un pour l'inspection du travail (DREETS). La voie usuelle est dématérialisée, via le portail elections-professionnelles.travail.gouv.fr, qui délivre un accusé de dépôt. Gardez cet accusé : c'est la preuve la plus simple à produire en cas de contrôle.

J-90
Information du personnel
au moins 90 jours avant le premier tour.
J-90 → J-45
Syndicats et PAP
invitation des organisations syndicales, négociation du protocole d'accord préélectoral, établissement des listes électorales.
J-30 → J-15
Candidatures
la fenêtre où la carence se prévient : c'est là que la mobilisation des salariés fait la différence.
J
Premier tour
réservé aux listes syndicales. Sans liste ni quorum (moitié des inscrits par collège), on bascule vers le second tour.
J+15
Second tour
ouvert à toutes les candidatures, dans les 15 jours. Dernière occasion de pourvoir les sièges.
+15 j
Constat et transmission
si le second tour est infructueux : PV de carence, affichage, transmission direction / CTEP / inspection du travail.

Quatre ans de validité — mais rien n'est figé

Le PV de carence vaut quatre ans, la durée d'un mandat. Pendant cette période, vous n'avez pas à relancer un scrutin complet. Mais la fenêtre n'est pas verrouillée : un salarié ou une organisation syndicale peut demander de nouvelles élections avant l'échéance, et vous êtes alors tenu d'engager le processus dans le mois. Une carence n'est jamais un blanc-seing de quatre ans.

Côté risque, la logique surprend souvent : la carence elle-même n'est pas une faute, dès lors que les élections ont été régulièrement organisées. C'est son défaut de constat, de transmission ou d'affichage qui expose au délit d'entrave (art. L.2317-1 : un an d'emprisonnement, 3 750 € d'amende). Le PV est aussi une pièce justificative : sans lui, impossible d'opposer valablement l'absence de CSE lors d'une consultation obligatoire — licenciement économique collectif, plan de sauvegarde de l'emploi. Il vous protège autant qu'il vous oblige.

Quatre ans, mais une demande rouvre tout

Le PV de carence vaut quatre ans — sauf si un salarié ou un syndicat demande de nouvelles élections avant l'échéance. Vous devez alors engager le processus dans le mois suivant la demande. Ne traitez jamais une carence comme définitivement acquise pour quatre ans.

La vraie question : pouvez-vous prouver que le scrutin était régulier ?

C'est le point aveugle de presque toutes les ressources sur le sujet : elles décrivent le formulaire, jamais la fiabilité du scrutin qu'il atteste. Or un PV de carence ne vaut preuve que si le processus qui l'a précédé est incontestable. La chambre sociale le rappelle : une carence qui couvre un scrutin irrégulier — invitation des syndicats omise, délais bâclés, affichage défaillant — peut être privée d'effet, et une carence « organisée » pour décourager les candidatures peut caractériser l'entrave. Devant un juge, affirmer que le vote était sincère ne suffit pas. Il faut le montrer.

C'est là que la technologie qui pilote le scrutin change la donne. CSE Election, en marque blanche de Sephos, repose sur une vérifiabilité cryptographique de bout en bout, là où les prestataires au discours générique se contentent d'affirmer un chiffrement. L'électeur s'authentifie par WebAuthn PRF — passkey, clé matérielle ou biométrie — dont le secret est dérivé localement sur son appareil et n'est jamais transmis au serveur. Les bulletins sont chiffrés dès le poste. Le résultat se calcule sans jamais déchiffrer un bulletin individuel, via un chiffrement homomorphe à seuil (ElGamal sur Ristretto255) dont la clé est répartie entre plusieurs garants par génération distribuée (DKG / trustees) : aucun acteur seul, pas même l'opérateur, n'ouvre l'urne. Chaque opération s'inscrit dans un journal append-only où toute altération devient détectable.

Pour une carence, cette architecture fait toute la différence : le journal d'audit horodaté atteste que les deux tours ont été ouverts, que le vote était techniquement possible, et que l'absence de candidats est réelle — pas le produit d'une panne. Le profil CSE est conçu pour la conformité au niveau de risque le plus élevé de la recommandation CNIL du 19 mars 2026 (délibération n°2026-045, qui abroge la 2019-053 de 2019) et pour l'expertise indépendante : il est certifiable, pas « certifié » d'avance. Détail qui compte : beaucoup de concurrents citent encore la recommandation périmée de 2019 — vérifiez la date de conformité qu'on vous annonce.

Critère
E-vote générique
CSE Election (Sephos)
Authentification
Codes ou identifiants transmis à l'électeur
WebAuthn PRF : secret dérivé localement, jamais transmis
Bulletins
Chiffrement affirmé, non prouvé
Homomorphe à seuil (ElGamal/Ristretto255), clé répartie (DKG/trustees)
Ouverture de l'urne
Déchiffrement possible côté opérateur
Aucun déchiffrement individuel ; aucun acteur seul n'ouvre l'urne
Preuve d'intégrité
Parole de l'éditeur
Journal append-only opposable, horodaté
Conformité CNIL
Souvent la recommandation 2019 périmée
Conçu pour la reco du 19 mars 2026 (n°2026-045), profil certifiable
Certifiable, pas certifié — et sans reçu du vote

Le système ne déchiffre jamais les bulletins individuels et ne délivre aucun reçu du contenu du vote : l'électeur obtient seulement la preuve que son suffrage a été enregistré, sans en révéler le sens. La pression sur un votant s'en trouve fortement réduite par conception. Le profil CSE est certifiable, conçu pour l'expertise indépendante, et couvre exclusivement les élections du comité social et économique.

Éviter la carence, ou la constater proprement

La carence est rarement une fatalité : elle vient presque toujours d'un déficit de candidatures et d'un scrutin perçu comme contraignant. Deux leviers la font reculer. L'accessibilité d'abord — le vote électronique, encadré par les articles R.2314-5 à R.2314-18 du Code du travail, permet aux télétravailleurs, aux équipes en déplacement et aux horaires décalés de voter sans se déplacer. La confiance ensuite : on se présente et on vote plus volontiers à un scrutin manifestement sérieux et prouvable.

Et si la carence survient malgré tout, le même processus tracé fournit la preuve de loyauté. Avant de considérer le constat comme acquis, un dernier passage en revue évite les erreurs qui, le jour d'un contrôle, transforment votre bouclier en passoire.

Un PV de carence qui tient
Cerfa 15248*06 à jour, toutes les mentions renseignées
Inscrits et résultats ventilés collège par collège
Constat dressé après le second tour, jamais avant
Affichage documenté (date, emplacement)
Transmission aux trois destinataires sous 15 jours, accusé conservé
Un PV qui s'effondre au contrôle
Version périmée du formulaire (15248*04)
Dates du PAP, des tours ou des affichages manquantes
PV établi dès le premier tour infructueux
Invitation des organisations syndicales oubliée
Affichage absent ou transmission à un seul destinataire

RGPD : qui répond de quoi en cas de carence

Même sans élu, des données ont été traitées : listes électorales, identités, traces de connexion. La répartition est nette. L'employeur est responsable de traitement — il décide d'organiser les élections et en fixe les finalités. CSE Election / Sephos intervient comme sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD, sous contrat. La base légale n'est ni le consentement ni l'intérêt légitime : c'est l'obligation légale d'organiser les élections (art. L.2314-4 et suivants).

La conservation est bornée. Les fichiers qui établissent la régularité du scrutin — cruciaux justement en cas de carence — se gardent jusqu'à l'épuisement des délais de recours : l'article R.2314-17 les fixe à quinze jours après la proclamation des résultats, sauf contentieux en cours. Passé ce délai, on détruit ou on archive dans des conditions garantissant la confidentialité.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un PV de carence CSE ?+
Le PV de carence est le procès-verbal par lequel l'employeur constate qu'aucun représentant n'a pu être élu, faute de candidats aux deux tours. Il prouve que les élections ont bien été organisées et que l'absence de CSE ne lui est pas imputable. Il s'établit sur le Cerfa 15248*06, s'affiche dans l'entreprise et se transmet à l'administration dans les quinze jours.
Quel Cerfa pour le PV de carence du CSE ?+
Le Cerfa n°15248*06, version en vigueur. Attention : l'ancienne version *04 circule encore sur de nombreux modèles datés et peut entraîner un rejet lors du dépôt dématérialisé. Ce formulaire est distinct des Cerfa 15822*03 et 15823*03, réservés au PV de résultats.
Quelle est la durée de validité d'un PV de carence ?+
Quatre ans, soit la durée d'un mandat de CSE. À l'échéance, l'obligation d'organiser de nouvelles élections renaît. Exception : un salarié ou une organisation syndicale peut demander un nouveau scrutin avant ce terme ; l'employeur doit alors l'engager dans le mois suivant la demande.
Où et dans quel délai envoyer le PV de carence ?+
En trois exemplaires : un conservé par la direction, un pour le CTEP (centre de traitement des élections professionnelles, à Arras), un pour l'inspection du travail (DREETS). Le délai est de quinze jours après le constat. La voie usuelle est dématérialisée, via le portail elections-professionnelles.travail.gouv.fr, qui délivre un accusé de dépôt à conserver.
Que risque l'employeur sans PV de carence ?+
Le délit d'entrave à la constitution du CSE (art. L.2317-1 du Code du travail) : un an d'emprisonnement et 3 750 € d'amende. Il se prive aussi de la possibilité d'opposer valablement l'absence de CSE. À retenir : la carence n'est pas une faute en soi ; c'est son défaut de constat ou de transmission qui crée le risque.
Peut-on faire un licenciement économique sans CSE ?+
Un licenciement économique collectif ou un plan de sauvegarde de l'emploi suppose normalement la consultation du CSE. En son absence, le PV de carence devient une pièce justificative déterminante : il prouve qu'aucun comité n'existait à consulter et que cette absence ne résulte pas d'un contournement. Sans PV de carence valable, la procédure s'expose à une fragilisation.

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